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Couverture du roman Le Hamac et les Colibris, de Karine Baridon — une femme rousse allongée dans un hamac blanc sur fond turquoise, trois colibris de couleur au-dessus d'elle, et une comète traverse le ciel

Le Hamac et les Colibris. Roman de Karine BaridonChapitre 18 —
La guerre froide

✏️ Version de travail, en cours de relecture

Épigraphes

Gianni Rodari
Tous les usages de la parole à tous : non pour que tous soient artistes, mais pour que personne ne soit esclave.

Un mot oublié peut faire naître une révolution.

Le texte

NON !

C'est fou comme un petit mot de 3 lettres peut déclencher une guerre froide, un siège sans fin et des bombardements à répétition !

Son plan n'était pas de me convaincre. C'était de m'user. Un berserker ne négocie pas : il fait le siège.

La guerre d'usure a commencé par l'appel du Nord : ces monologues vocaux tous les jours, sans exception, durant les longs mois d'hiver !

Tout ça pour que je le rejoigne en Bas-Valhalla. C'est son unique but, son obsession. Il me chante “La complainte du Viking abandonné”, me fait culpabiliser, se met en colère :

Lui — Tu ne m'aimes pas ! Tu choisis le confort à la passion ! Tu préfères ton lit à mon âme !

Mais rien qu'à l'idée de me retrouver à nouveau coincée dans son drak-car, avec Big Dog, le froid et sa colère, je n'ai qu'une crainte : me retrouver dehors sous la neige, par -10 °C, dans une réserve d'oiseaux humide et gelée, loin de toute âme qui vive.

C'est plus fort que moi, toutes les cellules de mon corps résistent. Non, pas le froid ! Toutes les cellules de mon cerveau résistent. Non, pas de dépendance ! Bref, NON ! Et plutôt 2 fois qu'une ! Je protège mon autonomie, il entend “elle ne m'aime pas” et personne ne ment.

Alors, je fais des pieds et des mains pour retrouver du travail. La quinqua à son compte depuis 25 ans a un peu oublié ses années de salariat… Et vu ce qui s'est passé dernièrement, on ne peut pas dire que ça me manque beaucoup. Mais je ne vais pas baisser les bras. Je n'ai pas dit mon dernier mot.

Chapitre 18 du roman Le Hamac et les Colibris : à son bureau couvert de CV, Coraline cernée et décoiffée regarde, bouche bée, une nuée de colibris s'envoler par la fenêtre en emportant son hamac, pendant que son téléphone vibre sur la table.

Je mets 6 mois pour retrouver un poste, à raison de 3 CV par jour, un vrai marathon, mais je gère. Par contre être entrecoupée par ses assauts quotidiens, ça, c'est vraiment dur ! J'ai oublié ce que c'est qu'une nuit entière de sommeil, et les colibris se sont barrés avec mon hamac.


Dimanche c'est Show !

Le journaliste — Je vous ai apporté une boule mystère : laissons faire le hasard, secoue-la… et lis !

L'auteure — Ah, j'adore !… Attention… Embrasse-moi !

Le Viking — Pile dans le mille !

L'auteure — C'est l'occasion de te demander : pourquoi es-tu tellement en colère contre moi et si troublé à la fois ? Est-ce parce que tu ressens de l'amour pour moi, sans te l'avouer ?

Le Viking — Peut-être… Je n'ai jamais nié mon affection pour toi, mais tu m'as repoussé !

L'auteure — Faux ! Je me suis laissée aller à t'aimer dans ce roman et à te suivre sans te dire non !

Le Viking — Il faut dire que ta vie était si triste sans moi ! Je t'ai sortie de ta zone de confort, on a voyagé ensemble, on a fait du bateau, du camping… Mais tu ne m'aimes pas !

L'auteure — Tu dis toujours ça quand tu as bu quelques bières… Bois de l'eau.

Le Viking — D'accord ! J'ai un pack de 24 bières dans le drak-car ! On va faire la fête !

L'auteure — C'est vrai, ta vie est terrible, un festival de bières !

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